oreilles busterNon, la littérature suédoise ne se résume pas à Stieg Larsson et Camilla Läckberg ! La preuve avec ce noir mais néanmoins délicat premier roman de Maria Ernestam, qui met en scène Eva, cinquante-six ans, qui sous les apparences d'une vie bien réglée cache une enfance difficile sous le joug d'une mère fantasque et tyrannique qui ne l'a jamais aimée. Lorsque sa petite fille Anna-Clara lui offre un carnet vierge pour son anniversaire, elle décide d'y coucher ses souvenirs et de raconter son histoire, une histoire aussi singulière que la petite fille aux yeux verts et à la chevelure rebelle qu'elle fut, qui commence comme un conte de fées et se termine en chronique d'un drame annoncé. Sous la plume poétique de l'auteur se dessine un portrait de femme qui suscite une empathie immédiate, attention, coup de cœur assuré, voilà un livre dont la petite musique intime vous accompagnera longtemps...

 

Extrait : « J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. A travers ce simple constat, je viens de m'exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n'ai pas l'habitude. A vrai dire, je n'ai jamais été aussi franche. Cela fait un moment que je n'écris plus de cartes postales, sans parler de lettres, et je n'ai jamais tenu de journal intime. Les mots m'ont toujours narguée, tournoyant sans répit dans ma tête. Des pensées qui me paraissaient révélatrices, originales tant que je les gardais prisonnières, s'effritaient durant leur brève course dans l'atmosphère et mouraient dès qu'elles touchaient le papier. Comme si le simple passage de mon for intérieur au dehors suffisait à les flétrir. »

Auteur(s) Ernestam, Maria (Auteur) ;Sermage, Esther (Traducteur)
Titre(s) Les Oreilles de Buster / Maria Ernestam ; Traduit du suédois par Esther Sermage.
Editeur(s) Chiroulet : Gaïa Editions, 2011.
Résumé Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée. Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime.
Sujet(s) Littérature suédoise
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