commeunfeufurieux2Sibérie. Gayla vit dans la petite ville quasi désertée de Tiksi avec son père, son petit frère surexcité et son grand frère devenu mutique depuis le drame. Mais que s'est-il passé exactement ce jour-là, il y a un an ?

À Tiksi, il ne reste plus grand monde, juste le froid et la nuit. Marie Chartres dépeint un endroit à la fois désolé et unique, elle nous donne envie de découvrir la ville et, en même temps, de la quitter à tout jamais. Balayée par les vents, au bord d'une mer froide, parfois gelée, et noire, Tiksi n'est pas une ville qui offre un grand confort. Chez Gayla, c'est sommaire, l'électricité ne tourne pas tout le temps.


Cette ville est décrite avec une précision qui nous arrache à notre univers pour nous emmener bien plus au Nord pour un dépaysement total.

L'histoire tourne autour de cet évènement survenu un an plus tôt mais dont Gayla ignore la teneur. Elle est intriguée sans vraiment mener l'enquête, tout ce qu'elle veut étant seulement se rapprocher de Gavriil, son frère ainé qui reste enfermé dans sa chambre depuis des mois.
Et finalement, on est plus intéressé qu'elle car le roman contient un certain suspense, soulevant toujours plus de questions.

Mais le point fort du roman, c'est la diversité de ses personnages. Les frères, l'un renfrogné, l'autre plein de vie. Le père, travailleur, maladroit et attachant. Le vieux pêcheur, figure de sage souriant. La femme à bord du navire, celle qui a la vie que Gayla rêverait d'avoir. Et même le chien, Josiah, dont la place dans le roman est la même que celle de n'importe quel être humain.

Gayla est un personnage émouvant : l'adolescente a une grande force de caractère et est déterminée dans ce qu'elle entreprend. Son rêve - être océanologue - soulève le rire de ses camarades mais elle se donne toujours les moyens d'aller de l'avant, de se rapprocher de son objectif. Le récit est à la première personne, la sienne.

Marie Chartres décrit donc une ville sinistrée avec des personnages qui ont malgré tout une joie de vivre apparente pour nous mener à un dénouement à la hauteur du reste du roman.

 

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