"C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane"

Nino Ferrer "Le sud"

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(crédit Franck montgar)

Le Sud va triompher en 1975 et se vendre à plus d'un million d'exemplaires. «Elle fut immédiatement considérée comme un classique», dit Christophe Conte, coauteur avec Joseph Ghosn d'une biographie précise (Éditions No 1, 2005).

En 1973, lorsque Nino Ferrer la compose, il ne vit pas encore dans le Lot. Mais dans une superbe maison de Rueil-Malmaison, une demeure d'apparence coloniale, La Martinière! Une maison du Vieux Sud à l'américaine. Ce qui convient parfaitement à ses rêves et à sa formation première. Sa musique, c'est le jazz, qu'il a appris tout seul, alors qu'il étudiait à la Sorbonne l'ethnographie, l'archéologie, la préhistoire… parce qu'il veut devenir… explorateur!

Il y a toujours un horizon New Orleans dans la tête d'Agostino Ferrari… et dans le cœur de Nino Ferrer. À La Martinière, il a fait installer un studio d'enregistrement. En 1972, il a rencontré le guitariste anglais Mickey Finn, qui a joué avec Jimmy Page, de Led Zeppelin. Ils s'entendent à merveille.

En cet été, un été très chaud, à La Martinière, il y a Kinou, l'ange secrétaire qui veille sur lui et qui sera son épouse à jamais, et Radiah Frye, une Américaine qui fréquente les milieux artistiques. Il est bien au milieu de ses femmes. Il crayonne ce qu'il voit: «C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane/À l'Italie/Il y a du linge étendu sur la terrasse/Et c'est joli/On dirait le Sud/Le temps dure longtemps.» Sauf que c'est en anglais qu'il l'écrit…

 

Il est à l'époque sous contrat chez Barclay. La maison de disques ne veut plus de ce caractère ombrageux. Il présente pourtant un beau jour une maquette qu'il a lui-même produite en Angleterre… South. C'est Le Sud, mais en anglais… Nino ne cède pas. En anglais, sinon rien! Barclay le lâche, et lui veut faire un disque «à deux voix» avec la belle Radiah! Son Jiminy Cricket, l'homme qui aura sans doute été le plus important, depuis leur rencontre en 1953, dans l'amitié et le parcours de musicien, Richard Bennett, resurgit. Il est alors chez CBS. Il établit un contrat en or à son ami de jeunesse.

Nino & Radiah, l'album, s'ouvre avec South. Mais il ne se vendra qu'à 60.000 exemplaires. Or, le 45-tours du Sud, lui, va s'envoler et se vendre à plus d'un million d'exemplaires.

(source Armelle Héliot - Le Figaro)

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